ESP

Par définition, l'ESP (Electronic Stability Program) est un système qui contrôle la stabilité du véhicule dans toutes les phases de roulage. Il a donc pour fonction l'optimisation des distances d'arrêt et de la dirigeabilité au freinage, l'optimisation de la motricité et de la dirigeabilité lors de l'application du couple moteur, et enfin l'optimisation de la stabilité sur trajectoire. Pour conserver la trajectoire en toutes circonstances, ce système électronique combine trois fonctions connues : le REF(répartiteur électronique de freinage), l'ABS(antiblocage des roues), l'ASR(antipatinage des roues), et une quatrième :le CDS(contrôle dynamique de stabilité). S'adaptant automatiquement aux conditions de roulage (variations d'adhérence par exemple), ce système aide le conducteur à garder le contrôle de son véhicule en toutes circonstances, et donc à éviter un éventuel accident.


Un peu de technique…
Le REF répartit la pression des freins sur les quatre roues en fonction de l'adhérence et de la charge du véhicule.
Le système ABS prévient de tout risque de blocage des roues, permettant au conducteur de maîtriser la trajectoire.
L'ASR, antipatinage des roues, interdit à celles-ci de tourner dans le vide en cas d'adhérence médiocre, particulièrement dans les phases de démarrage sur les revêtements glissants.
La nouvelle fonction CDS assure au véhicule un équilibre optimal en toutes circonstances. Un capteur situé au centre du véhicule compare la trajectoire réelle et celle souhaitée par le conducteur (indiquée par le capteur d'angle du volant). Si une différence notable est constatée (en sur ou sous-virage) le système freine une ou plusieurs roues et réduit le couple du moteur si nécessaire pour remettre le véhicule sur la bonne trajectoire. Il peut aussi agir sur le système d'amortissement variable à gestion électronique AMVAR lorsque le véhicule en est équipé et, le cas échéant, sur la boîte automatique.

Reprenant les composants de l'ABS, de l'anti-patinage et du répartiteur de freinage, l'ESP est en plus pourvu de capteurs mesurant l'angle au volant, l'accélération transversale du véhicule ainsi que sa vitesse de lacet (rotation du véhicule autour d'un axe vertical). Ceux-ci servent à informer en permanence la centrale électronique de l'état de conduite réel du véhicule, ainsi que de la volonté du conducteur. Une comparaison est alors effectuée, et si la différence observée est supérieure à un seuil fixé, l'ESP intervient en modifiant le comportement du véhicule de manière à le stabiliser. Pour cela, il utilise les actionneurs des 3 systèmes cités plus haut, en contrôlant en temps réel la vitesse de chaque roue. Par exemple, en cas de sous-virage (le véhicule ne tourne pas assez : il tire tout droit), l'ESP va freiner la roue arrière intérieure pour ramener le véhicule sur la trajectoire souhaitée. Par contre, en cas de sur-virage (le véhicule part en tête à queue), l'ESP va freiner le coté extérieur du véhicule pour limiter l'embardée. Ainsi, dans toutes les situations y compris les manœuvres d'urgence, le système aide le conducteur à maîtriser son véhicule, sans repousser toutefois les limites de la physique.


Comment s'en servir ?
Il n'y a pas à proprement parler de manière de se servir de l'ESP puisque, hormis en rallye, on a jamais intérêt à provoquer dérives et glissades du véhicule. Il faut néanmoins savoir que l'ESP fonctionne en permanence en régulant le freinage et l'accélération pour optimiser la stabilité. Il agit en cela de manière préventive, tout en étant prêt à entrer en action pour maîtriser le véhicule. Lors de sa mise en action, le conducteur est prévenu par un voyant qu'il a déclenché la régulation de trajectoire, pour être incité à adopter une conduite plus sure. Enfin, l'ESP est toujours déconnectable, mais il est déconseillé aux conducteurs novices de se passer de cette aide à la conduite parfois salvatrice.


Est-il indispensable ?
Sa généralisation, y compris sur certaines sportives, peut faire croire que c'est un instrument de sécurité indispensable pour tous. En réalité, son utilité est surtout d'aider les conducteurs n'ayant pas forcément un talent de pilote, et qui approchent parfois les limites de leur véhicule sans le savoir. C'est par exemple le cas sur les lourdes et puissantes berlines (par exemple allemandes) qui gomment totalement l'impression de vitesse, et qui ont été les premières à se munir de l'ESP. Quoi qu'il en soit, il constitue toujours un instrument de sécurité supplémentaire, ce qui n'est jamais négligeable si l'on en a les moyens. L'ESP est en effet encore souvent une option coûteuse, surtout pour un véhicule de taille moyenne.


Y a-t-il des contre-indications ?
La seule contre indication concerne les amateurs de conduite sportive. En effet, l'ESP dépossède le "pilote" de la maîtrise totale du véhicule, ce qui peut s'avérer frustrant au volant d'une automobile à fort caractère telle qu'une Porsche.


Un ESP peut il être dangereux ?
La réponse est bien évidemment non. Il est en effet impensable qu'un constructeur commercialise un système dangereux pour la sécurité de ses clients. L'ESP ne peut donc en aucun cas vous faire perdre le contrôle de votre véhicule. Dans le pire des cas, il peut interférer avec les ordres du conducteur lorsque ceux-ci sont contraires à ce qu'il faut faire. C'est là un premier pas vers l'automobile totalement contrôlée par l'électronique, perspective peu réjouissante aux yeux des amoureux de l'automobile…